Solidarité territoriale
Quand nous avons choisi Aix-en-Provence pour y installer le Festival de Pâques, nous faisions un choix réfléchi : une ville d’art et de culture, une tradition, un public. Ce que nous ne savions pas, ce que personne ne pouvait prévoir, c’est que nous allions vivre avec les Aixois une véritable histoire d’amour. Ici, chaque main tendue est saisie avec enthousiasme. Il y a dans cette ville une disponibilité à la musique qui, plus de dix éditions plus tard, continue de nous étonner.
Pour preuve ces moments que nous ne manquons jamais : la cathédrale Saint-Sauveur pleine à craquer, chaque année, pour le concert offert aux habitants du Pays d’Aix. Ou encore ces passants qui, avec Le Maestro, c’est vous ! s’emparent d’une baguette et dirigent un orchestre au milieu de la ville, hilares et parfois bouleversés. En 2026, les Promenades musicales avec l’Orchestre philharmonique de Munich se sont achevées sous de telles ovations que nous les reconduisons cette année. On ne décide pas de ces choses-là ; on les constate, et on les prolonge.
Mais une ville ne suffit pas. Ancré à Aix, le festival rayonne dans toute la région Sud, dont le soutien financier rend ce dispositif possible : dans les départements ruraux, dans les quartiers nord de Marseille, auprès des publics malades comme des tout-petits, sous les étoiles ou dans les conservatoires. Villages, hôpitaux, centres de soins palliatifs, écoles : la région tout entière se transforme en salle de concert. On y donne des représentations d’excellence par de grands solistes, des master-classes pour les jeunes musiciens, des ateliers pour les enfants.
Nous tenons à ce mot d’excellence. Il n’a jamais été question de proposer une musique moins exigeante à celles et ceux qui ne peuvent venir jusqu’à nous. Au contraire, nous avons à coeur de porter la même exigence artistique partout où nous allons, dans un village de montagne comme dans un service hospitalier, comme nous la portons au Grand Théâtre de Provence.
La musique doit aller à la rencontre de celles et ceux qui ne peuvent se déplacer. Les artistes se rendent donc chaque année en EHPAD, dans les services des hôpitaux d’Aix et de Marseille, ou encore à la Maison de Gardanne, ce centre de soins palliatifs où Renaud Capuçon joue tous les ans. L’émotion y est si palpable que les musiciens en ressortent bouleversés par le pouvoir de leur art et par le bonheur qu’ils viennent de créer autour d’eux. Nous avons vu des interprètes aguerris chercher leurs mots en sortant d’une chambre.
C’est finalement cela que nous cherchons à construire avec le Festival de Pâques : bien plus qu’un rendez-vous musical, un projet qui relie les territoires et les publics.
Dominique Bluzet, Directeur exécutif
Renaud Capuçon, Directeur artistique
Musique en partage est possible grâce à Assami, ses mécènes et au soutien de la région Sud.