Une ambition pour la jeunesse

Il est une inquiétude que nous ne pouvons pas taire : celle du renouvellement des générations. Un public ne se transmet pas par héritage. Il se construit, patiemment, en allant chercher ceux qui ne savent pas encore qu’ils aiment la musique. Et cela commence très tôt.

Au Festival de Pâques, les enfants ont leurs propres concerts. Ce n’est pas une concession faite aux familles, c’est une conviction : les plus jeunes ont leur place parmi nous et sont les bienvenus partout. Simplement, nous nous adaptons à eux, à leur capacité de concentration, à leur besoin d’éveil, à leur envie de bouger, de toucher, de découvrir. À Aix comme à Marseille, les tout-petits jusqu’à quatre ans écoutent des contes musicaux d’une demi-heure ; des spectacles réunissent les familles autour d’un récit en musique ; les 6-10 ans sont accueillis par la violoniste et pédagogue Solesne Loy pour des ateliers où l’on apprend et où l’on rit en même temps. Avec Les Oiseaux fantastiques, le Trio Arcadis et l’illustrateur Grégoire Pont offrent aux enfants un concert dessiné, où Ma Mère l’Oye de Ravel et des pages de Mel Bonis prennent vie sous un crayon projeté en direct. Et depuis 2026, les musiciens de l’Orchestre philharmonique de Munich jouent avec les scolaires, de manière ludique et interactive.

Vient ensuite l’autre versant de la transmission : celle de la passion et de l’excellence, d’un musicien à un autre. Elle fait partie de nos valeurs fondatrices. Le Festival de Pâques a toujours poussé les jeunes solistes sur le devant de la scène avec Génération @ Aix, et, en 2027, deux concerts réunissent les anciens de ce programme signature, Iris Scialom, Emmanuel Coppey, Raphaëlle Moreau, Eva Zavaro. Les voir revenir, aujourd’hui affirmés, sur la scène même qui les a révélés, est une grande fierté.

Nous nous sommes aussi tournés vers ceux qui sont encore en formation. D’abord avec des master-classes ouvertes au public pour les meilleurs élèves du conservatoire d’Aix. Puis avec la Petite académie de Pâques, à l’intention d’élèves de conservatoires situés en zones rurales, accueillis une semaine en immersion dans la vie du festival.

Cette ambition, nous voulons chaque année la porter un peu plus loin. Elle prend cette fois une dimension internationale : nous accueillons pour la première fois la European Orchestra Academy, portée par le chef hongrois Iván Fischer et son prestigieux Budapest Festival Orchestra, pour une vingtaine de concerts gratuits, dans la région Sud.

Transmettre, au fond, c’est accepter de ne pas être au bout du chemin ; c’est faire confiance à ceux qui viennent après. Nous ne connaissons pas de plus belle raison de faire ce métier.